La grande transmission patrimoniale pourrait transformer le marché immobilier sans le faire s'effondrer

Pierre Tranchand
Par Pierre Tranchand - Mis à jour le 24/07/2026
2 min de lecture
Photo de famille en extérieur l'été

Entre 2025 et 2040, près de 9 000 milliards d'euros vont être transmis par la génération du baby-boom à ses héritiers. Une partie significative de cette richesse est immobilière. Pourtant, ce mouvement inédit n'est pas une menace pour le marché : c'est une redistribution historique, à comprendre et à anticiper sereinement.

Un patrimoine immobilier colossal en train de changer de mains

Les baby-boomers représentent en 2026 environ 14,8 millions de personnes, soit 22 % de la population française. Ils détiennent 38 % du patrimoine immobilier total des ménages français, soit environ 4 100 milliards d'euros sur un total de 10 800 milliards d'euros (source : INSEE 2025). Une concentration sans précédent, fruit de décennies d'accession à la propriété dans un contexte très favorable.

Le rythme annuel des successions augmentera significativement, passant d'environ 600 000 en 2020 à 720 000 en 2030 selon les projections INSEE. Le flux successoral annuel, regroupant successions et donations, passerait de 464 milliards d'euros en 2025 à 677 milliards d'euros en 2040. La part des transmissions dans l'économie française progresserait ainsi de 16,1 % du PIB à 20,2 % sur la période. Ce n'est pas un effondrement : c'est un rééquilibrage générationnel massif.

Pourquoi ce choc immobilier sera progressif, pas brutal

Entre 2026 et 2030, la tendance sera à la cession progressive des résidences secondaires moins utilisées et au déménagement vers des logements plus adaptés au vieillissement. Ce mouvement de cession de la résidence principale pavillonnaire vers des appartements adaptés s'accélérera entre 2030 et 2035. Les biens n'arrivent donc pas tous en même temps sur le marché. La vague successorale principale, plus massive, est attendue entre 2035 et 2045.

Cette évolution devrait progressivement augmenter le nombre de logements mis en vente, en particulier les résidences secondaires et les biens détenus depuis longtemps. Le volume annuel de transactions issues de cessions baby-boomers est estimé à 280 000 à 350 000 par an sur la période. Ce flux, réparti sur quinze ans, n'excédera pas la capacité d'absorption normale du marché, d'autant que la demande de logements reste structurellement élevée en France.

Ce que cela change concrètement pour les acheteurs et les héritiers

La transmission progressive du patrimoine des baby-boomers va remettre sur le marché de nombreux biens, souvent anciens et à rénover. Les acquéreurs peuvent y trouver des opportunités de négociation, tandis que les cédants disposent d'outils fiscaux : donation, démembrement pour préparer cette transmission à moindre coût. Pour un héritier qui souhaite financer des travaux ou compléter un apport, les conditions de crédit actuelles méritent d'être examinées. Les taux sur 20 ans s'établissent actuellement autour de 3,31 % au niveau national.

Du côté des transmissions anticipées, les dons exceptionnels pour l'achat immobilier conservent un abattement supplémentaire de 100 000 euros par donateur et 300 000 euros par donataire jusqu'au 31 décembre 2026. Cette disposition temporaire offre une fenêtre d'opportunité pour les projets immobiliers familiaux. Pour tout projet d'achat soutenu par une donation familiale, cette échéance fiscale mérite d'être prise en compte sans tarder.

  • Donation en nue-propriété : transmettre un bien tout en conservant l'usufruit réduit significativement la base taxable.
  • Donation-partage : fige la valeur du bien au jour de la donation et évite une revalorisation fiscale au décès.
  • Abattement de 100 000 € : applicable par parent et par enfant, renouvelable tous les quinze ans.

La grande transmission patrimoniale ne menace pas le marché immobilier : elle l'irrigue. Selon les chiffres de France Stratégie, la part du patrimoine provenant de l'héritage représente aujourd'hui environ 60 % de la richesse totale des ménages, contre seulement 35 % dans les années 1970. Mieux comprendre ce mouvement, c'est se donner les moyens d'en tirer parti, que l'on soit héritier, acquéreur ou futur transmetteur.

Pierre Tranchand
Par Pierre Tranchand, Chargé de Relations Presse
Mis à jour le 24/07/2026 à 09:44
Titulaire d'un master en sciences politiques et économie internationale à l'Université Jean-Monnet, Pierre a débuté chez CAFPI avant des expériences en communication institutionnelle chez France Travail et AgroParisTech. De retour chez CAFPI, il pilote les relations presse du groupe : baromètres mensuels des taux, études emprunteurs, prises de parole des dirigeants reprises dans Les Échos, Le Figaro, BFM. Il rédige les analyses de conjoncture du crédit immobilier publiées sur cafpi.fr. > Linkedin
Obtenez le meilleur taux
pour votre crédit immobilier
  • 3 minutes
  • Sans engagement
  • 200 agences