Les primo-accédants font leur grand retour sur le marché du crédit immobilier
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Pendant deux ans, ils ont attendu. Surveillé les taux, repoussé leur projet, mis de côté. Aujourd'hui, les primo-accédants reviennent en force sur le marché du crédit immobilier, et les chiffres le confirment avec une clarté rare.
Un retour historique que les chiffres ne laissent aucun doute
Selon les analyses du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), la part des primo-accédants a atteint un sommet inédit : au dernier trimestre 2025, près d'un crédit sur deux, soit 47 à 48 %, leur a été attribué. C'est une progression spectaculaire, comparée au début de la décennie où ce taux stagnait autour de 31 %. Ce basculement n'est pas conjoncturel : il traduit un rééquilibrage structurel du marché du crédit.
La production totale de crédits immobiliers a bondi de 33 % en 2025, pour atteindre 146,5 milliards d'euros, après un point bas observé en 2024. Selon la Banque de France, cette reprise est portée par des taux autour de 3 % et le retour des primo-accédants. Le mouvement se prolonge en 2026 : le marché continue de se redresser avec une progression notable des montants accordés pour le troisième mois consécutif, atteignant 12,6 milliards d'euros en mars 2026, soit une hausse de près de 9 %.
Trois facteurs qui expliquent ce regain d'accès à la propriété
La Banque de France l'indique clairement : le nombre de prêts accordés aux emprunteurs primo-accédants augmente plus rapidement que celui des ventes de logements et des prêts à l'ensemble des emprunteurs depuis début 2025. Plusieurs leviers conjoints expliquent cette dynamique favorable :
- Le premier levier, c'est la stabilisation des taux d'emprunt. Après le pic de 2023-2024, les conditions de financement se sont détendues, restaurant mécaniquement la capacité d'emprunt de nombreux ménages. Les taux sur 20 ans s'établissent aujourd'hui autour de 3,11 % au niveau national, un repère concret pour calibrer son projet.
- Le deuxième levier est réglementaire. Le prêt à taux zéro a été élargi, avec un périmètre géographique et des plafonds de revenus plus favorables qu'auparavant. Ce prêt sans intérêts finance une partie de l'acquisition et allège mécaniquement la charge d'intérêts sur la durée totale du crédit.
- Le troisième levier est fiscal. Alors que la majorité des départements français ont relevé les droits de mutation à titre onéreux de 4,5 % à 5 % en 2025, les primo-accédants bénéficient d'une dérogation spécifique. En étant exonérés de cette hausse, ils conservent l'ancien taux réduit, ce qui diminue concrètement l'apport personnel nécessaire lors de la signature.
Comment optimiser votre dossier pour concrétiser votre premier achat
Les banques restent engagées aux côtés des primo-accédants, avec des prêts complémentaires à taux zéro ou fortement bonifiés, des frais de dossier réduits ou offerts, ou encore des enveloppes dites « coup de pouce » autour de 10 % du montant emprunté. Connaître l'ensemble de ces dispositifs avant de déposer son dossier peut changer significativement le plan de financement.
Vérifier son éligibilité au PTZ avant toute simulation bancaire est la première étape d'un montage optimisé. Le prêt accession d'Action Logement reste également sous-utilisé par les primo-accédants salariés du secteur privé. Il propose un taux très inférieur aux taux de marché, sur une enveloppe plafonnée ; intégré au plan de financement, il réduit le capital emprunté au taux bancaire classique.
Les primo-accédants empruntent en moyenne sur une durée de près de 24 ans, légèrement plus que les autres profils d'acquéreurs. Se faire accompagner par un courtier immobilier pour articuler chaque ligne de financement (prêt principal, PTZ, aides locales) permet d'aborder ce premier achat avec toute la visibilité nécessaire pour avancer sereinement.
Le marché envoie aujourd'hui un signal clair aux primo-accédants : les conditions sont réunies pour concrétiser un projet. Reste à bien préparer son dossier pour en tirer le meilleur parti.
Mis à jour le 19/06/2026 à 00:05