Location courte durée : pourquoi certaines villes françaises manquent cruellement de logements disponibles
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Le développement des locations courte durée atteint des niveaux très élevés dans certaines communes françaises, et les principales plateformes de location saisonnière dépassent aujourd'hui le seuil du million d'annonces actives en France. Derrière ce chiffre se cache une réalité vécue au quotidien par des milliers de familles, d'actifs et d'étudiants : trouver un logement à l'année dans certaines villes est devenu un véritable parcours du combattant.
Quand les logements touristiques prennent la place des résidents
Dans des métropoles comme Paris, Bordeaux, Lyon ou Nice, le développement massif des locations saisonnières a aggravé la tension immobilière. Une part importante des biens disponibles a été détournée de la location longue durée pour être proposée à des touristes, entraînant une pénurie de logements pour les habitants locaux et une hausse des prix de l'immobilier.
Dans les régions à forte destination touristique, des milliers d'habitations ont été retirées du marché locatif classique, aggravant la pénurie de logements disponibles pour les résidents permanents. Le sujet touche désormais à l'accès au logement, à la vie de quartier et à la capacité des habitants à rester dans leur propre ville. Ce phénomène dépasse largement le cadre touristique : c'est une question d'équilibre territorial.
Entre 2015 et 2023, le nombre de logements proposés en location meublée de tourisme en France a été multiplié par 5, selon les données de la Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages. Une progression spectaculaire qui s'est faite, en partie, au détriment du parc locatif longue durée, notamment dans les zones côtières et les destinations de montagne.
Un marché locatif global déjà sous tension
La location touristique n'est pas la seule explication à cette pénurie. En 2025, l'offre de logements à louer a reculé de 10 %, tandis que près de 2,9 millions de ménages sont aujourd'hui en attente d'un logement social. Cette contraction s'explique par un empilement de contraintes qui ont progressivement découragé les investisseurs particuliers : durcissement de la fiscalité, encadrement des loyers, renforcement des obligations énergétiques et instabilité réglementaire.
Depuis janvier 2025, les logements classés G au diagnostic de performance énergétique sont interdits à la location, une mesure qui, si elle répond à une nécessité écologique, prive le marché de milliers de biens supplémentaires. Les investisseurs particuliers, coincés entre contraintes fiscales et obligations énergétiques, ont été nombreux à se retirer du marché locatif. Les ventes aux investisseurs particuliers ont chuté de 41 % au premier trimestre 2025, et moins de 10 000 logements neufs ont été réservés sur l'année, contre plus de 60 000 avant la crise sanitaire.
Ce que la réglementation change concrètement en 2026
Le 20 mai 2026 marque un tournant majeur : la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite « loi Le Meur », impose de nouvelles obligations à l'ensemble des loueurs de courte durée en France. Le texte répond à une problématique devenue criante dans de nombreuses villes françaises : la raréfaction des logements disponibles à l'année au profit des locations touristiques.
Concrètement, les maires peuvent désormais abaisser la durée maximale de location des résidences principales de 120 à 90 jours par an. Les réglementations locales deviennent plus strictes en 2026 : les communes cherchent à limiter les excès sans bloquer totalement la location touristique. L'objectif est de redonner à ces villes un parc locatif accessible à leurs habitants permanents.
D'un côté, les locations touristiques soutiennent l'économie locale, créent des revenus importants et participent à l'attractivité des territoires. De l'autre, elles alimentent parfois une crise du logement déjà très forte dans plusieurs régions françaises. Certains propriétaires envisagent désormais de se tourner à nouveau vers la location longue durée, plus encadrée mais moins contraignante à terme. Ce rééquilibrage représente une opportunité pour ceux qui souhaitent investir dans l'immobilier locatif sur des bases solides et durables.
La tension entre usage touristique et logement résidentiel redessine les règles du jeu dans de nombreuses villes françaises. Pour les propriétaires comme pour les investisseurs, comprendre ces dynamiques est indispensable pour bâtir un projet locatif solide, adapté aux réalités de chaque territoire.
Mis à jour le 11/06/2026 à 11:10