Taux BCE en hausse : pourquoi votre crédit immobilier est concerné dès cet été

Marc Pilette
Par Marc Pilette - Mis à jour le 11/06/2026
2 min de lecture
Siège de la Banque centrale européenne à Francfort

C'est officiel : ce jeudi 11 juin 2026, la Banque centrale européenne a décidé de relever ses taux directeurs de 0,25 point, portant son taux de dépôt de 2 % à 2,25 %. Cette hausse sera effective dès le 17 juin 2026.
Une première hausse depuis septembre 2023, qui marque la fin du cycle de baisses entamé en 2024. Face à une inflation remontée à 3,2 % en zone euro, Christine Lagarde change de cap. 

Capacité d'emprunt, mensualités, taux immobiliers de l'été : voici ce que cette décision change concrètement pour votre projet.

L'essentiel à retenir
  • La BCE a relevé son taux de dépôt de 2 % à 2,25 % ce 11 juin 2026, une première depuis septembre 2023. 
  • Les crédits en cours à taux fixe ne sont pas concernés.
  • L'impact immédiat est limité : les barèmes ont déjà anticipé la décision (3,37 % en moyenne sur 20 ans en juin). 
  • Rien de comparable à 2023 : +0,10 % en cinq mois aujourd'hui, contre +0,20 % par mois à l'époque. 
  • CAFPI anticipe une hausse globale d'environ 0,20 % des taux de crédit immobilier d'ici la fin de l'année, avec au moins deux remontées BCE attendues.

Pourquoi la BCE relève-t-elle ses taux maintenant ? 

La réponse tient en un chiffre : 3,2 %. C'est le niveau atteint par l'inflation en zone euro au mois de mai, bien au-dessus de l'objectif de 2 % que s'est fixé la BCE. En cause : la flambée des prix de l'énergie, alimentée par les tensions au Moyen-Orient, qui se diffuse progressivement au reste de l'économie. 

C'est précisément cette diffusion (ce que les économistes appellent les "effets de second tour") que Francfort veut stopper. En relevant le coût de l'argent, la BCE cherche à éviter que la hausse des prix de l'énergie ne s'installe durablement dans les salaires et les services. 

Concrètement, le taux de dépôt passe de 2 % à 2,25 %. Et les marchés anticipent déjà la suite : une seconde hausse pourrait intervenir dès septembre, qui porterait ce taux à 2,50 % d'ici la fin de l'année. 

Crédit immobilier : un impact réel, mais pas immédiat 

Première chose à savoir : vos mensualités actuelles ne bougent pas. En France, plus de 99 % des crédits immobiliers sont à taux fixe. Si vous remboursez déjà un prêt, cette décision ne vous concerne pas. 

Pour les futurs emprunteurs, le mécanisme est plus indirect qu'on ne le pense. Les taux immobiliers français ne suivent pas directement les taux de la BCE : ils dépendent avant tout de l'OAT 10 ans, le taux auquel la France emprunte sur les marchés. Or celui-ci a déjà intégré la décision : il a frôlé les 4 % ces dernières semaines. 

Résultat : la hausse est en réalité déjà engagée dans les barèmes bancaires. En juin, les taux moyens constatés par CAFPI s'établissent à 3,20 % sur 15 ans, 3,37 % sur 20 ans et 3,48 % sur 25 ans, en progression d'environ 0,10 point par rapport au premier trimestre. 

Bon à savoir

« Les marchés ont déjà anticipé cette hausse avec des premières légères remontées des taux depuis le début de l'année. Ainsi l'impact de cette décision devrait être limité dans l'immédiat », analyse Julien Langlade, Président de CAFPI.

Ce que 0,25 point change sur votre projet 

Prenons un exemple concret. Pour un emprunt de 250 000 € sur 20 ans, une hausse de 0,25 point de votre taux représente : 

  • environ 33 € de mensualité supplémentaire ; 
  • près de 8 000 € de coût total en plus sur la durée du crédit. 

Mais l'effet le plus sensible se joue ailleurs : sur votre capacité d'emprunt. À mensualité égale, quelques dixièmes de point suffisent à réduire le montant qu'une banque peut vous prêter. Pour les ménages proches du plafond d'endettement de 35 %, c'est parfois ce qui fait basculer un dossier. 

Non, ce n'est pas un remake de 2022-2023

Le souvenir de la flambée des taux est encore frais dans l'esprit des emprunteurs. Mais la comparaison ne tient pas, et les chiffres le montrent.

Bon à savoir

« La hausse en cours est très limitée. Les taux ont crû de 0,10 % entre décembre et mai. En 2023, ils augmentaient de 0,20 % par mois », rappelle Julien Langlade.

Autrement dit : le rythme actuel est dix fois plus lent que celui de la précédente crise. En cinq mois, les taux immobiliers ont progressé autant qu'ils le faisaient alors en quinze jours. Le marché s'ajuste, il ne décroche pas.

Et maintenant : à quoi s'attendre d'ici la fin de l'année ? 

La décision de ce 11 juin n'est probablement pas la dernière.

Bon à savoir

« Les marchés tablent d'ores et déjà sur au moins deux remontées des taux BCE d'ici la fin de l'année. En conséquence, dans l'état actuel du marché, nous envisageons une hausse globale des taux de crédit immobilier d'environ 0,20 % d'ici la fin de l'année », anticipe Julien Langlade. 

Une dérive réelle, mais maîtrisée : sur 20 ans, le taux moyen passerait ainsi de 3,37 % aujourd'hui à environ 3,55-3,60 % en décembre. De quoi inciter les porteurs de projet à avancer, sans céder à la précipitation.

Car le marché reste ouvert : les banques continuent de financer les projets solides et la concurrence entre établissements joue toujours en faveur des emprunteurs bien préparés. Apport consolidé, dossier complet, mise en concurrence des banques : les marges de négociation existent, à condition de les activer.

Marc Pilette
Par Marc Pilette, Directeur marketing
Mis à jour le 11/06/2026 à 14:26
Marc a commencé sa carrière en 2007, se spécialisant dans le secteur bancaire et immobilier. Il a travaillé pour de grands groupes comme la Caisse d’Epargne ou Nexity, apportant son expertise sur ces domaines. Depuis 2017 chez CAFPI, Marc est directeur marketing. Il fait des contributions significatives en rédigeant sur des sujets tels que le crédit immobilier et le rachat de crédits. Au-delà d’apporter une expertise, ses écrits ont pour objectif d’aider nos lecteurs à naviguer dans ces domaines complexes. > Linkedin
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