Vente à réméré : guide complet pour tout comprendre

Frédérique Moles
Par Frédérique Moles - Mis à jour le 07/07/2026
12 min de lecture
Immobilier : tout savoir sur la vente à réméré

Vous êtes en situation de surendettement ou vous avez besoin d’une trésorerie supplémentaire pour financer un projet ? La vente à réméré est une solution pour vendre votre bien immobilier avec une faculté de rachat pendant 5 ans au maximum. Comment fonctionne cette opération pour le vendeur et pour l'investisseur ? Quelles sont les étapes, les conditions et les risques de ce financement ? CAFPI, votre spécialiste en crédit, vous guide dans cet article. 

L'essentiel à retenir
  • La vente à réméré constitue un dernier recours pour les propriétaires en surendettement ou fichés par la Banque de France qui souhaitent bénéficier d’une trésorerie en vue de sauver leur bien de la saisie judiciaire ;
  • La vente à réméré permet au vendeur d’améliorer sa santé financière tout en ayant la possibilité de racheter son bien dans un délai imparti ;
  • La durée maximale légale d’un réméré est de 5 ans ;
  • Dans le cadre d’un portage immobilier, le prix de vente du bien et l’indemnité d’occupation mensuelle payée par le vendeur sont fixés selon la négociation des deux parties ;
  • Cette opération permet à l’acquéreur de réaliser un investissement à moindre risque sur le court terme, tout en bénéficiant d’une indemnité d’occupation mensuelle.

La vente à réméré : qu’est-ce que c’est ?

Définition

Autrement connue sous le nom de portage immobilier, la vente à réméré ou vente avec faculté de rachat est une opération financière immobilière inscrite dans le droit civil français. Encadré par les articles 1659 à 1673 du Code civil, le réméré permet à un propriétaire de vendre temporairement son bien avec une faculté de rachat exclusive.

Le vendeur peut alors continuer à rester sur les lieux, mais il doit verser à l’acheteur une sorte de loyer, appelé « indemnité d’occupation ». Le contrat conclu entre les deux parties s’appelle clause de réméré.

Cette opération portant sur un bien immobilier fait l’objet d’une signature devant notaire.

Bon à savoir

Il n’existe pas de réelle différence entre la vente à réméré et le portage immobilier. Certains opèrent une distinction récente selon laquelle le portage immobilier serait réservé aux opérations réalisées entre particuliers, orchestrées par des plateformes en ligne.

Qui peut recourir à la vente avec faculté de rachat ?

Cette opération s’adresse principalement aux propriétaires en surendettement qui souhaitent éviter la saisie judiciaire de leur bien immobilier. La vente avec faculté de rachat est également destinée aux personnes qui ont un besoin urgent de trésorerie pour financer un projet.

Toute personne avec un besoin urgent de trésorerie, sans accès au crédit bancaire classique, peut s’intéresser à la vente à réméré.

Même si vous êtes fiché par la Banque de France (FCC Fichier central des chèques ou FICP fichier national des incidents de remboursement des crédits), vous avez la possibilité de conclure des contrats avec des tiers. Là où les banques peuvent légitimement vous refuser un prêt, la vente à réméré vous permet d’obtenir de la liquidité en toute liberté.

Important

Le réméré ne se qualifie pas comme un prêt, mais plutôt comme une transaction de vente de votre propriété immobilière. Cette démarche vous offre une issue à des situations financières délicates, vous permettant, par exemple, de protéger votre bien contre la saisie judiciaire.

Quelle est la durée d’une opération de vente à réméré pour un bien immobilier ? 

Selon l’article 1660 du Code civil, le vendeur a la possibilité d’utiliser son droit de rachat du bien en propriété dans une durée maximale de 5 ans.

Une fois ce délai dépassé, ce dernier ne pourra plus racheter son bien. Cependant, en pratique, les accords de vente à réméré sont habituellement conclus pour une période comprise entre 12 et 36 mois.

La cour de cassation affirme le caractère non prorogeable du délai de rachat d’une vente à réméré (Cass. 3e civ., 21 oct. 2021, n° 20-17615).

Bon à savoir

Diverses catégories de biens immobiliers peuvent faire l'objet d'une vente à réméré, parmi lesquelles figurent des appartements, des maisons, des locaux commerciaux, etc.

Histoire et évolution de la vente à réméré en France

En France, la vente à réméré était un moyen ancien de contourner l'interdiction du prêt à intérêt avant sa libéralisation en 1790 par l'Assemblée nationale. Ainsi, une personne prêtait une somme en affirmant qu’elle achetait un immeuble avec promesse de rachat au prix vendu.

En 1804, Napoléon intègre la vente à réméré dans le Code civil pour protéger le patrimoine des Français après la Révolution.

Peu utilisée pendant de nombreuses années, la vente à réméré redevient un instrument pertinent dans les années 1980 pour refinancer des valeurs mobilières.

En 2009, le terme réméré cède la place à la vente avec faculté de rachat. 

Bon à savoir

Le mot réméré vient du latin redimere qui signifie racheter.

Comment fonctionne la vente avec faculté de rachat ?

Plus concrètement, la vente à réméré constitue un accord entre un acheteur et un vendeur, établissant les termes suivants : 

  • le prix de vente du bien ;
  • le délai de l'opération ;
  • le montant de l'indemnité d'occupation mensuelle ;
  • et la valeur de rachat du bien.

À la conclusion du contrat, l'acheteur verse une somme d'argent au vendeur en réméré, lui permettant ainsi de rembourser ses dettes ou de financer ses projets. Dans le cadre de cette transaction, le vendeur s'engage également à régler l'indemnité d'occupation mensuelle, similaire à un loyer.

Le plus souvent, l’acheteur est un investisseur professionnel ou une société spécialisée dans les opérations de portage immobilier. 

Droits et obligations du vendeur pendant la période de réméré

Le vendeur conserve un droit absolu et prioritaire pour reprendre son bien. Ce droit est exclusif, discrétionnaire et opposable aux tiers.

Le vendeur conserve le droit d'occuper le logement, au même titre qu'un locataire, en contrepartie du versement d'une indemnité d'occupation. La durée de la période d’occupation est identique à celle de la période du réméré.

Le vendeur récupère son bien libre de toutes charges. Ainsi, si l'investisseur a consenti des hypothèques ou des charges sur le bien pendant la période de réméré, ces droits sont anéantis lors du rachat par le vendeur. Une condition : la clause de réméré doit être publiée au service de publicité foncière.

En contrepartie, le vendeur doit respecter certaines obligations pendant la période de réméré : 

  • payer l’indemnité d’occupation ; 
  • entretenir le logement ; 
  • régler les charges courantes (taxe foncière, charges de copropriété, assurance habitation, factures d’énergie).

Lisez attentivement la convention d’occupation et le contrat de vente à réméré pour connaître la répartition des charges.

En outre, le vendeur s’interdit de contracter tout prêt pendant la période de réméré. En effet, très souvent, les actes notariés de réméré incluent une clause interdisant la signature de nouveaux emprunts pendant la période, car cela pourrait compromettre sa capacité à financer le rachat.

Durée et étapes d'une opération de vente à réméré

La réalisation du portage immobilier se fait en quelques étapes : 

Étape 1 : La recherche de l’acheteur

Afin de trouver l’acheteur dans le cadre d’une vente avec faculté de rachat, le propriétaire dispose de trois choix :

  • Réaliser une vente à réméré de particulier à particulier ;
  • Faire appel à une agence immobilière pour trouver rapidement et facilement un investisseur potentiel ;
  • Solliciter un intermédiaire spécialisé en vente avec faculté de rachat.

Après avoir choisi la vente à réméré, il convient d’étudier la faisabilité de votre projet. Pour cela, vous devez être sûr que la vente de votre bien pourra vous permettre de rembourser toutes vos dettes. En outre, vous devez calculer votre capacité d’emprunt en vue du rachat. 

Étape 2 : Rédiger l’accord de vente avec faculté de rachat

Une fois l’acheteur trouvé, la proposition de la vente à réméré est établie par les deux parties. Cette dernière devra notamment préciser les informations suivantes : 

  • Le montant de la somme versée par l’acheteur : généralement, l’acquéreur achète le bien à un prix se trouvant entre 50 et 70 % de son prix vénal. Il convient d’estimer précisément le prix du bien afin de fixer un prix d’acquisition juste pour le projet d’achat à réméré. 
    Afin de bien estimer la valeur marchande de votre maison, appartement ou local, plusieurs critères doivent être pris en compte. Citons notamment l’état du bien, son emplacement et la tendance des prix immobiliers de la ville où se trouve le bien. 
    Si vous présentez des difficultés dans l’estimation de votre bien ou si vous ne disposez pas de temps pour le faire, faites appel à un professionnel spécialisé tel qu’une agence immobilière ou un expert immobilier ; 
  • La durée du portage immobilier qui varie souvent de 6 mois à 5 ans : elle est fixée selon les propositions de chacune des parties.
  • Le montant de l’indemnité d’occupation qui sera versée mensuellement par le vendeur : le vendeur devient locataire et verse une indemnité d’occupation du bien sous forme d’un loyer au nouveau propriétaire. Le montant de cette indemnité est fixé par les deux parties. Dans le cas où le contrat de vente à réméré s’étendrait sur une période excédant 3 ans, on peut conclure un bail d’habitation ou un bail meublé.
  • Le prix de rachat du bien immobilier : ce dernier est généralement supérieur au prix d’acquisition du bien. Il est fixé par les deux parties à la signature de l’acte de vente. L’écart entre le prix de vente et celui du rachat dépend souvent du niveau de risque de l’opération. 
    Supposons que le vendeur ait connu des retards de paiement par le passé, ce qui pourrait être perçu par l'acheteur comme un risque potentiel en termes de respect des engagements contractuels. Dans cette situation, l'acheteur pourrait chercher à ajuster à la hausse le prix de rachat lors des négociations.

Vous avez la possibilité de procéder au rachat de votre bien à n'importe quel moment, et ce, jusqu'à l'expiration du délai accordé.

Étape 3 : Finalisation du contrat avec option de rachat 

Cette étape implique l'établissement du contrat de vente à réméré par le notaire. C’est celui-ci qui rédige le contrat de vente avec faculté de rachat. Une fois le document rédigé, le vendeur et l'acheteur le signent après l'avoir lu attentivement. C’est aussi à ce moment-là que les deux parties signent le contrat d’occupation du logement.

Cette étape marque également la préparation du rachat du bien par le vendeur. À cet effet, l'acquéreur et le vendeur concluent un compromis de vente en anticipant la clôture de la période de portage immobilier. Une partie de la somme versée par l'acheteur est conservée par le notaire et servira d'apport pour le futur rachat du logement.

Important

Le vendeur a la possibilité de payer la totalité des indemnités d’occupation au début du contrat de vente à réméré. Si le vendeur ne verse pas, ne serait-ce qu’une fois l’indemnité d’occupation, il ne pourra pas racheter son bien en fin du réméré. 

Étape 4 : Clôture du contrat de vente à réméré 

Si le vendeur parvient à rétablir sa situation financière, il a la possibilité d'obtenir un prêt et de racheter son bien à la fin du délai de la vente à réméré. Le prix de rachat sera préalablement convenu, et les frais courants associés à une acquisition immobilière seront également inclus.

Comment racheter votre bien lors d’une vente à réméré ? 

À la fin du délai fixé dans votre contrat de réméré, deux scénarios peuvent survenir : vous pouvez racheter le logement ou non. 

Vous pouvez racheter votre bien immobilier

Dans la première situation envisagée, vous avez la possibilité d'exercer votre droit de rachat en vue de récupérer votre bien. Cette option est valide si vous parvenez à réunir la totalité du prix d'achat convenu avec l'investisseur.

En d'autres termes, tout au long de la période stipulée, vous avez travaillé activement pour stabiliser vos ressources financières. À cette fin, vous avez peut-être contracté des prêts auprès d'institutions financières afin de financer le rachat de votre bien.

Alternativement, il se pourrait que vous ayez investi les fonds obtenus grâce à l'opération de réméré dans des projets professionnels fructueux, générant ainsi suffisamment de liquidité pour vous permettre d'effectuer le rachat.

Vous ne pouvez pas récupérer votre maison ou votre appartement 

Dans le second scénario, si vous ne parvenez pas à réunir suffisamment de fonds pour effectuer le rachat de votre bien en vente à réméré, vous êtes contraint de céder votre patrimoine.

Dans cette perspective, l'investisseur devient le propriétaire légal du bien et a le droit de disposer du local à sa convenance. Il a ainsi la pleine latitude pour choisir entre la vente, la location ou même l'occupation du bien.

Si l’acquéreur souhaite proposer le bien à la vente, deux scénarios complémentaires peuvent se présenter :   

  • Si le réméré est toujours valide 
    Une fois propriétaire de l'immeuble, l'investisseur peut entamer la mise en vente de la maison au prix du marché, généralement supérieur à celui stipulé dans le contrat initial ou le tarif décoté. Par la suite, le notaire répartit les fonds de manière à ce que les deux parties reçoivent leur juste part. Il accorde ainsi en priorité à l'acquéreur son investissement initial ainsi que les frais d'occupation du vendeur.
  • Si le réméré n’est plus valide 
    Il existe plusieurs raisons pour lesquelles le contrat de vente à réméré n’est plus valide. La première étant l’expiration de son délai de validité prévu dans le contrat. En outre, l'opération de réméré peut être annulée en cas de dégradation ou de manque d'entretien du bien.

Combien coûte une vente à réméré ? 

Coût d’une vente à réméré

Avant tout, sachez que le prix d'une vente à réméré est influencé par divers éléments, tels que : 

  • Le prix de vente du bien ;
  • Le prix de rachat ;
  • La durée du réméré ;
  • Le montant de l'indemnité d'occupation ;
  • Les frais de notaire ;
  • Les frais d'agence ;
  • Les intérêts ;
  • Les assurances.

Le coût global d'une vente à réméré varie entre 10 % et 12 % du prix du logement par an, voire entre 15 % et 17 % lorsque la durée est courte.

En moyenne, un particulier vendant son bien en réméré doit s'attendre à une perte financière de 13 % environ du prix de son logement.

Bon à savoir

Les frais de notaire peuvent être payés par l’acheteur ou le vendeur selon les arrangements convenus par les deux parties.

Quid de la fiscalité sur la plus-value lors d’une vente avec faculté de rachat ? 

Par principe, la plus-value immobilière résultant d'une vente est soumise à la fiscalité applicable aux ventes immobilières classiques dans le cadre d'une opération de réméré.

Ainsi, ne sera pas assujettie à l'impôt sur la plus-value la cession :

  • De la résidence principale ;
  • D'un bien immobilier réalisée dans le but d'acquérir une nouvelle résidence principale dans les deux ans suivant la vente ;
  • D'un bien détenu depuis plus de 22 ans, tout en notant que des prélèvements sociaux demeurent dus si la détention est inférieure à 30 ans.

Qu’est-ce que la plus-value ? 

La plus-value représente la différence entre le prix de vente et le prix d'achat d'un bien. Une taxe de 19 % est applicable sur les plus-values immobilières.

En cas de plus-value imposable lors de la vente en réméré, il est possible de récupérer le montant de l'impôt en cas de rachat du bien à la fin du délai. Cette opération de rachat est prévue par une "clause résolutoire", entraînant l'annulation du contrat initial et, par conséquent, l'annulation de l'imposition, qui sera restituée.

Certains frais demeurent dus et ne sont pas récupérables, notamment :

  • Frais fixes des actes innomés (125 €) ;
  • Frais de notaire (1 à 2 % du prix de rachat).

Exemple d'une opération de portage immobilier générant une plus-value

En 2023, un appartement (utilisé comme résidence principale) est vendu en réméré au prix de 100 000 €, alors qu'il avait été acquis en 2018 pour 90 000 €, générant ainsi une plus-value de 10 000 €.

Lorsque l'acheteur procédera au rachat de son bien à la fin du réméré, aucune imposition ne sera appliquée sur la plus-value réalisée de 10 000 €.

Cependant, des frais subsistent lors du rachat, comprenant :

  • Frais fixes des actes innomés : 125 € ;
  • Frais de notaire équivalant à 2 % du prix de rachat estimé, soit 2 600 € pour un prix de rachat estimé à 130 000 €.

La vente à réméré : quels avantages ? 

Pour le vendeur

L’opération de vente à réméré permet au vendeur de : 

  • Obtenir un financement sans recourir à un crédit ;
  • Améliorer sa santé financière avec la possibilité de racheter le bien après un délai déterminé ;
  • Éviter la saisie de son bien en débloquant des fonds et en remboursant les créanciers ;
  • Maintenir sa résidence dans le bien moyennant le paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle ;
  • Financer facilement et rapidement des projets sans recourir à une institution bancaire, y compris en cas de fichage à la Banque de France.

Pour l’acquéreur

Pour l’investisseur, cette opération lui permet notamment de : 

  • Réaliser un investissement rentable à court et moyen terme, avec un risque limité tout en percevant une indemnité d'occupation mensuelle ;
  • Devenir facilement propriétaire définitif du bien si le vendeur ne parvient pas à le racheter à la fin du délai convenu avec le notaire ;
  • Acquérir le bien avec une décote moyenne de 10 à 40 % par rapport aux prix du marché ; 
  • Ne pas payer les taxes et frais d’entretien ; 
  • Bénéficier de frais de notaire réduits : quand un professionnel de l'immobilier prend l'engagement de revente d'un bien dans les cinq ans, les taxes s’élèvent à 0,72 % et non pas 5,8 %.  

Précautions et conseils pratiques avant de s'engager dans une vente à réméré 

Quels sont les inconvénients de la vente à réméré ? 

La vente en réméré comporte des inconvénients pour le vendeur : 

  • En premier lieu, le coût total de l’opération : malgré le montant perçu de la vente, le vendeur est tenu de verser des loyers au nouveau propriétaire, une condition obligatoire pour maintenir son occupation du logement.
  • En cas d'incapacité à réunir dans les délais prévus la somme spécifiée dans le contrat pour le rachat du bien, le vendeur perd la propriété de celui-ci. Il se retrouve alors en tant qu'occupant sans droit ni titre, exposé au risque d'expulsion du logement.
  • Tout vendeur en réméré doit idéalement s'assurer que, suite à la vente du bien et au remboursement des crédits, il dispose d'une capacité d'emprunt suffisante pour obtenir un crédit ultérieur en vue du rachat de son bien.

Cette opération financière peut également présenter quelques risques pour l’investisseur, notamment : 

  • L'indisponibilité du bien : qui crée des défis à court terme après l'achat, et le risque que le propriétaire initial veuille le racheter. Cela rend difficile la planification à long terme, surtout avec un patrimoine immobilier incertain. Si l'achat est lié à une stratégie d'investissement, la complexité augmente en raison de l'incertitude des données disponibles ;
  • Le risque de ne pas bénéficier de l'appréciation de la valeur du bien au fil du temps : si, après 5 ans, la propriété a pris de la valeur, la revente au propriétaire initial doit se faire au prix d'achat initial de 5 ans auparavant. Dans ce cas, le propriétaire ne pourrait réaliser aucune plus-value.

Comment éviter les pièges ? 

Le vente à réméré présente quelques pièges à anticiper en suivant ces conseils : 

  • Évaluer sa situation financière : avant tout engagement, il est indispensable de s'assurer que le prix de vente sera suffisant pour couvrir l'intégralité des dettes. Un ratio hypothécaire mal calculé peut conduire à une opération avortée.
  • Estimer le coût total réel de la vente avec faculté de rachat : indemnité d'occupation, frais de notaire à la vente, frais de notaire au rachat, commission de l'organisme, marge de l'investisseur : la somme de ces postes peut dépasser 15 à 17 % de la valeur du bien sur une courte durée. 
  • S’appuyer sur l’expertise du notaire : le notaire conseille les parties, rédige l’acte de vente à réméré et s’assure que toutes les règles sont respectées. Préférer un notaire avec une expertise dans ce secteur spécifique. 
  • Omettre d’anticiper le financement du rachat du logement : le vendeur peut, au terme du contrat, racheter son bien. Pour ce faire, il doit impérativement préparer ce financement en amont en reconstituant sa solvabilité bancaire pendant la période de portage. Ne pas anticiper ce point, c'est risquer de perdre son bien après avoir payé des mois d'indemnités.
Bon à savoir

L’expertise d’un courtier Cafpi sur le financement du rachat est précieuse pour bien calculer vos possibilités et l’acceptation d’une banque. En effet, certaines banques apprécient peu les dossiers de rachat de vente à réméré. 

Comment choisir le meilleur organisme de portage immobilier ? 

Une entité de vente à réméré facilite la mise en relation entre des propriétaires cherchant un financement rapide en utilisant leur bien immobilier comme garantie et des investisseurs.

Afin de trouver l’organisme de réméré le plus adapté à vos besoins, voici nos conseils : 

  • Optez pour un organisme sérieux : l'ancienneté de l'agence de vente à réméré revêt souvent une importance particulière en termes de fiabilité. Vous pouvez également consulter les avis des clients sur le site de chaque prestataire pour évaluer leur crédibilité. Étant donné que les opérations de réméré peuvent s'étendre sur une période pouvant aller jusqu'à 5 ans, choisir un partenaire de confiance est alors crucial ;
  • Vérifiez la validité de la carte de transaction immobilière de l'agence de réméré : pour cela, consultez le site de la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) de votre région et tapez le nom de la société dans la barre de recherche pour vérifier qu’elle détient bien la carte requise ; 
  • Assurez-vous que l'organisme de vente avec faculté de rachat dispose d'une Responsabilité Civile Professionnelle : il s’agit d’une obligation légale. Demandez explicitement à voir cette assurance, et si l'organisme refuse de la présenter, cela peut être un signal d'alarme.
Bon à savoir

Une société de vente à réméré perçoit une commission pour la mise en œuvre de l'opération. Cette dernière peut représenter entre 3 et 8 % du montant financé par le réméré.

Mieux comprendre la vente avec faculté d’achat : un exemple concret

Afin de vous permettre de comprendre plus facilement le fonctionnement de la vente à réméré, voici un exemple concret de portage immobilier.

M et Mme Dupont, un couple sans enfant possède une maison de 100 m2. Voulant sauver leur situation financière qui se dégrade, ils décident de faire une vente à réméré auprès d’une société spécialisée en la matière. La durée du réméré sera de deux ans. 

L’étape du portage immobilier

  • La valeur estimée de la propriété est de 250 000 € ;
  • Le prix de vente à réméré est négocié entre l'investisseur et le couple Dupont à 180 000 €, soit une décote de 28 % (la décote se situe généralement entre 10 % et 40 % selon la liquidité du bien) ;
  • L'indemnité d'occupation mensuelle est fixée à 1 500 €, totalisant 36 000 € pour la période de 24 mois ;
  • Les frais de commission de l'agence en réméré s'élèvent à 7 200 € ;
  • Le montant net perçu par le couple Dupont dans la vente à réméré s'élève à 136 800 € (180 000 € - 36 000 € - 7 200 €).

L’étape du rachat de la maison

Le couple a assaini sa situation financière, levé son fichage bancaire et récupère son logement avec un crédit immobilier aux mensualités maîtrisées.

  • Le prix de rachat du bien en réméré est fixé à 220 000 €, soit le prix de vente initial (180 000 €) majoré de la marge de 40 000 € revenant à l'investisseur.
  • Pour financer ce rachat, le couple Dupont peut réinjecter le montant net perçu lors de la vente, soit 136 800 €.
  • Le montant du prêt immobilier à contracter s'élève alors à environ 83 200 € (220 000 € − 136 800 €), hors frais de notaire.

Les frais notariés, équivalant à environ 2 % dans le cadre d'un réméré, totalisent 4 400 €.

Alternatives à la vente à réméré pour les propriétaires en difficulté financière

Tous les propriétaires en difficulté ne sont pas dans une situation extrême. Selon le degré de gravité de la situation financière, plusieurs solutions sont à étudier avant d'en arriver au réméré.

Le rachat de crédits

Le rachat de crédits est la première solution à envisager pour améliorer votre budget. Un regroupement de dettes simplifie votre gestion financière en réduisant le nombre de créanciers et de crédits en cours. Cette opération offre un seul prêt, une seule mensualité cohérente avec vos revenus en prolongeant la période de remboursement.

Bon à savoir

N’attendez pas un fichage FCIP ou FCC car cela constitue un motif de refus de rachat de prêts. 

La renégociation du prêt immobilier en cours

Avant de mettre votre bien en vente, tentez une renégociation de votre crédit immobilier en cours ou une modulation des échéances. Certains établissements peuvent l'accepter et préféreront même cette solution à un enchaînement d'impayés.

Cette solution s’adresse aux emprunteurs avec une difficulté temporaire (perte d'emploi, baisse de revenus) mais dont la situation est susceptible de se redresser rapidement.

Le prêt hypothécaire

Le prêt hypothécaire permet d'emprunter en mettant son bien en garantie, sans en perdre la propriété. Cette solution simple nécessite une capacité de remboursement et une analyse de solvabilité positive par la banque.

Ici encore, un fichage interdit cette solution. 

Le dossier de surendettement auprès de la Banque de France

Le dépôt d'un dossier de surendettement s'adresse aux particuliers en situation d'impossibilité manifeste de faire face à leurs dettes non professionnelles.

La Banque de France examine la recevabilité sur plusieurs critères : revenus insuffisants, charges trop élevées, absence de solution de crédit classique, mais aussi bonne foi du demandeur.

Si votre dossier est accepté, toute saisie ou procédure d'expulsion peut être stoppée, le temps qu'une solution durable soit trouvée.

La mise en location du bien

Plutôt que de vendre votre bien immobilier, peut-être pouvez-vous le proposer à la location ? Si vous disposez d'un logement secondaire, d’un bien locatif ou d’une solution d’hébergement temporaire chez votre famille ou vos amis, la mise en location peut générer un revenu complémentaire permettant de faire face aux échéances de crédit, sans toucher à la propriété du bien.

Bon à savoir

Avant de prendre toute décision, consultez un expert CAFPI. Une analyse personnalisée de votre dossier permettra de vérifier si un rachat de crédits, une renégociation ou une autre solution bancaire est encore accessible, avant d'envisager la voie du réméré.

Perception de la vente à réméré par les banques  

Avant le réméré, les banques vous excluent du crédit en raison de votre profil financier.

La période du réméré s’utilise donc pour reconstituer votre solvabilité bancaire : assainissement des dettes, stabilisation des revenus, reconstitution d'un historique de paiement sans incident.

Après le réméré, les banques se montrent généralement plus favorables à un nouveau prêt lorsque le passif antérieur a été soldé grâce au réméré. Les banques proposent des prêts spécifiques pour le rachat immobilier, mais elles étudient soigneusement la solvabilité du demandeur.

En complément, les indemnités d'occupation régulièrement payées pendant le réméré constituent une preuve indirecte de la capacité de remboursement. C’est un argument pertinent lors de la demande de crédit pour le rachat.

Pour présenter le meilleur dossier de demande de financement, faites appel à votre courtier CAFPI ! Il sait comment présenter votre profil sous son meilleur jour pour convaincre une banque.

Frédérique Moles
Par Frédérique Moles, Chef de projet marketing digital
Mis à jour le 07/07/2026 à 17:36
Diplômée de la Toulouse School of Management (TSM), Frédérique travaille depuis 2011 dans le marketing du secteur immobilier, notamment chez Kaufman & Broad. Elle a rejoint CAFPI en 2017, où elle pilote les activités digitales du site cafpi.fr et a rédigé et mis à jour les guides et articles sur le crédit immobilier et l'assurance emprunteur : délégation d'assurance, loi Lemoine, garanties de prêt, conditions d'emprunt. Elle travaille en lien direct avec les courtiers du réseau pour traduire les questions des emprunteurs en contenus pratiques. > Linkedin
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