1 senior sur 4 envisage de vendre son logement face à la pression financière

Frédérique Moles
Par Frédérique Moles - Mis à jour le 20/06/2026
1 min de lecture
Senior dans leur maison, regard pensif, documents financiers

Propriétaire, logement remboursé, patrimoine constitué : l'image du senior à l'abri financièrement reste ancrée dans les esprits. Pourtant, les chiffres racontent une tout autre histoire. Sur 1 003 seniors propriétaires interrogés en avril 2026 par OpinionWay, 47 % déclarent être sous pression financière en fin de mois. Posséder son logement ne suffit plus toujours à vivre sereinement.

Un patrimoine immobilier qui ne génère pas de liquidités

En France, 70 % des plus de 60 ans sont propriétaires de leur résidence principale selon l'INSEE. Ce chiffre élevé masque pourtant des situations très contrastées : beaucoup détiennent un bien immobilier de valeur, mais perçoivent des revenus trop faibles pour couvrir leurs dépenses courantes. C'est précisément ce paradoxe que révèle le premier Baromètre Senior, Patrimoine et Transmission.

Le revenu reste le facteur décisif : plus de 8 seniors sur 10 gagnant moins de 24 000 € par an se déclarent sous pression. Les personnes seules (56 %) et les femmes (53 %) sont les profils les plus fragilisés. Fait contre-intuitif : les 60-64 ans souffrent davantage que les plus de 80 ans (32 %), probablement parce qu'ils n'ont pas encore basculé vers les aides sociales liées à la dépendance. L'âge ne détermine pas seul la vulnérabilité financière : les ressources régulières comptent davantage que le patrimoine détenu.

Vendre son logement : quelles motivations concrètes ?

Rester chez soi le plus longtemps possible reste la priorité numéro un pour les seniors. 36 % citent le maintien à domicile : aménagement du logement, aide à la personne, matériel médical. Vient ensuite le financement d'un établissement comme un EHPAD ou une résidence seniors pour 32 %, puis les dépenses de santé pour 26 %. La vente n'est pas un repli, c'est souvent un choix de vie raisonné, orienté vers l'autonomie.

Le coût d'une place en EHPAD dépasse en moyenne 3 000 € par mois selon la DREES (2024). Pour un senior aux revenus modestes, cette dépense est impossible à assumer sans mobiliser son patrimoine immobilier. À ce défi financier s'ajoute une dimension familiale : 38 % des seniors envisagent de vendre une partie de leur résidence principale, et parmi eux, 72 % associeraient leurs enfants à la décision.

Des alternatives à la vente totale encore méconnues

Vendre en totalité n'est pas la seule option. Plusieurs dispositifs permettent de libérer des liquidités tout en conservant un lien avec son bien. Le viager occupé permet de percevoir un bouquet initial et une rente mensuelle tout en continuant à habiter le logement. Le viager libre implique de quitter le bien mais génère des revenus complémentaires plus élevés. La vente de nue-propriété consiste à céder la propriété du bien tout en conservant l'usufruit, c'est-à-dire le droit d'y habiter ou d'en percevoir les loyers.

Ces solutions restent pourtant largement ignorées. 93 % des seniors propriétaires ignorent l'existence de la vente partielle immobilière, alors que le viager jouit d'une notoriété de 95 % et que le prêt viager hypothécaire est connu par plus d'un senior sur deux, deux dispositifs pourtant plus complexes et plus contraignants. L'enjeu n'est pas seulement financier : il est avant tout informationnel. Connaître les options disponibles change radicalement la nature des décisions à prendre.

Face à la pression financière, vendre son logement peut être une réponse adaptée, à condition d'avoir exploré l'ensemble des alternatives et d'être bien accompagné dans cette démarche patrimoniale. Chaque situation est unique, et c'est souvent en prenant le temps d'étudier sa faisabilité qu'on découvre des marges de manœuvre insoupçonnées.

Frédérique Moles
Par Frédérique Moles, Chef de projet marketing digital
Mis à jour le 20/06/2026 à 00:05
Frédérique a commencé sa carrière en 2011, se spécialisant dans le marketing pour le secteur immobilier. Au fil des années, elle a acquis une solide expérience et des connaissances approfondies dans ce domaine. En 2017, elle a rejoint CAFPI, élargissant son champ d’expertise pour inclure le crédit immobilier et l’assurance emprunteur. Sa contribution significative à ces domaines est démontrée par ses nombreux écrits sur ces sujets sur le site www.cafpi.fr. Actuellement, elle est en charge des activités digitales sur le site CAFPI, où elle continue de faire preuve de son expertise et de son engagement pour rendre accessible le monde parfois complexe du crédit immobilier et de l’assurance emprunteur. > Linkedin
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