Co-emprunteur : guide essentiel pour emprunter à deux
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Emprunter à deux est une démarche courante dans un projet immobilier. Le co-emprunteur est la personne qui contracte un crédit immobilier conjointement avec un autre emprunteur. Il partage les droits et les obligations liés au remboursement du prêt. Le co-emprunteur peut être un conjoint, un partenaire de PACS, un concubin, un membre de la famille ou même un ami. Découvrons les règles, les avantages et les précautions liés au co-emprunt.
- Le co-emprunteur signe le contrat de prêt et devient responsable de l'intégralité de la dette vis-à-vis de la banque, même s'il ne détient aucun droit de propriété sur le bien.
- Cumuler deux revenus permet de respecter plus facilement le plafond d'endettement de 35 % et donc d'emprunter davantage ou sur une durée plus courte.
- La quotité d’assurance de prêt immobilier doit atteindre au minimum 100 % au global mais peut être répartie librement entre co-emprunteurs.
- Le divorce ou la rupture ne met pas fin à la solidarité des co-emprunteurs. Il faut trouver une solution comme le remboursement anticipé du crédit après la vente, la désolidarisation ou le rachat de la part de l'autre avec soulte.
Comprendre le rôle et les responsabilités d'un co-emprunteur
Qu'est-ce qu'un co-emprunteur et quelles sont ses obligations légales ?
Un co-emprunteur est une personne qui signe le contrat de prêt immobilier aux côtés de l’emprunteur principal. À ce titre, il est tenu aux mêmes obligations contractuelles :
- remboursement des mensualités,
- respect des clauses du contrat,
- paiement des intérêts.
Le co-emprunteur n’est pas nécessairement propriétaire du bien financé. Son statut concerne exclusivement le prêt et son remboursement. S’il est également acquéreur, on parle alors de co-acquéreur.
En pratique, lorsque le contrat de prêt contient une clause de solidarité, la banque peut réclamer à chaque co-emprunteur le paiement de l’intégralité de la dette, sans être obligée de diviser ses poursuites. C’est le principe de l’absence de bénéfice de division.
Les articles 1310 à 1319 du Code civil encadrent la solidarité entre débiteurs. L’article 220 du même code prévoit une solidarité légale entre époux pour les dettes du ménage.
Avantages et inconvénients d'emprunter à deux
Les avantages d’un crédit à deux sont importants :
- Augmentation de la capacité d’emprunt avec le cumul des revenus des 2 emprunteurs.
- Meilleur profil pour la banque grâce à la présence de 2 signataires donc accès à de meilleures conditions de prêt.
- Possibilité de répartir la quotité d’assurance emprunteur comme on veut, en accord avec la banque (au minimum 100 %, mais possibilité de protection jusqu’à 200 %).
Toutefois, devenir co-emprunteur présente aussi quelques inconvénients :
- Solidarité financière en cas de défaillance de son co-emprunteur.
- Engagement jusqu’à la fin du prêt, quelle que soit la situation personnelle.
- Complexité en cas de séparation ou de divorce.
- Risque de poursuites sur son patrimoine propre car la banque peut agir contre un co-emprunteur sur ses biens propres, même pour le financement d’un achat commun.
Influence sur la capacité d'emprunt
Le taux d’endettement maximum est fixé à 35 % des revenus nets mensuels, assurance emprunteur incluse. Cette décision du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) est une contrainte depuis le 1er janvier 2022, même si les banques ont une souplesse d’application dans 20 % de leurs dossiers.
Lorsque deux personnes empruntent ensemble, leurs revenus se cumulent, ce qui augmente mécaniquement le calcul de la capacité d’emprunt.
Co-emprunteur vs. caution solidaire : quelles différences ?
| Co-emprunteur | Caution solidaire | |
| Partie au contrat de prêt | Oui, signataire | Non, signe un acte de caution |
| Obligation de remboursement | Oui | Uniquement, en cas de défaillance de l’emprunteur |
| Propriété du bien immobilier | Possible en cas de co-achat | Non |
| Source juridique | Articles 1310 à 1319 du Code civil | Articles 2288 à 2320 du Code civil |
La caution simple impose à la banque d’épuiser d’abord ses recours contre l’emprunteur principal. La caution solidaire lui permet de se retourner directement contre la caution dès le premier impayé.
Devenir co-emprunteur : étapes et critères
Critères pour devenir co-emprunteur
Toute personne majeure avec sa capacité juridique peut devenir co-emprunteur, dès lors que son profil est accepté par la banque prêteuse. Pour cela, elle doit justifier de revenus stables et réguliers et présenter un taux d’endettement global acceptable.
Il n’est pas nécessaire d’avoir un lien familial ou conjugal avec l’emprunteur principal. Toutefois, le plus souvent, les co-emprunteurs sont unis par des liens :
- mariage avec une solidarité légale issue du régime de communauté ;
- Pacs avec une solidarité conventionnelle ;
- concubinage avec une solidarité conventionnelle.
Crédits impliquant un co-emprunteur
Emprunter à deux est possible pour un crédit immobilier, que ce soit pour financer une résidence principale, une résidence secondaire ou un investissement locatif.
C’est également le cas pour un crédit à la consommation (prêt travaux ou prêt personnel).
Processus pour devenir co-emprunteur
Chaque co-emprunteur évalue sa situation professionnelle et patrimoniale, ses revenus et ses charges. Puis, les deux emprunteurs joignent leurs éléments justificatifs au sein d’un seul dossier de financement.
Les documents de demande de prêt sont identiques que l’on emprunte seul ou à deux. Simplement, vous multipliez les informations par deux.
Le recours à un courtier Cafpi facilite la préparation d’une demande de prêt immobilier solide et argumentée.
Après dépôt auprès des banques, ces dernières analysent le profil des co-emprunteurs selon leurs propres critères de scoring. Elles acceptent ou non le dossier et les parties peuvent alors négocier les modalités du crédit.
Comment fonctionne un crédit à deux ?
Emprunter avec un co-emprunteur a des conséquences sur la mensualité, la quotité d’assurance emprunteur et sur le plan financier.
Gestion des mensualités
La répartition des mensualités entre co-emprunteurs reste libre et ne concerne que les co-emprunteurs.
La banque tient seulement à obtenir une mensualité complète. Dans tous les cas, le co-emprunteur reste tenu solidairement au paiement de chaque échéance.
Par exemple, un couple avec des revenus équivalents paie chacun 50 % de l’échéance de son crédit immobilier. Mais il est aussi possible de prévoir entre co-emprunteurs une autre répartition en fonction des revenus ou d’autres enjeux (70 % / 30 % ou même 100 % par un seul co-emprunteur si l’autre n’a pas de revenus fixes ou paie les dépenses de la famille).
Assurance de prêt des co-emprunteurs
Les banques exigent au minimum une assurance emprunteur couvrant le risque de décès et PTIA (perte totale et irréversible d’autonomie).
La quotité minimale d’assurance de prêt doit être de 100 % du capital emprunté, répartie entre les co-emprunteurs.
Cette répartition est à valider par la banque. Par exemple, une répartition à 70 % / 30 % adaptée aux différences de ressources de chaque membre du foyer.
Au-delà de 100 %, les co-emprunteurs sont libres de la répartition. Par exemple, opter pour une quotité de 200 % (100 % sur chaque emprunteur) assure le co-emprunteur de voir le crédit immobilier entièrement remboursé en cas de décès du conjoint.
Chaque co-emprunteur peut souscrire son assurance auprès d’un assureur différent par délégation d’assurance dès lors que la banque accepte. Ce peut être utile si l’un des co-emprunteurs présente un risque spécifique.
Impact financier de l’emprunt à deux
Pour obtenir un prêt aidé comme le prêt à taux zéro (PTZ), les conditions de ressources et de primo-accession sont examinées pour chaque co-emprunteur et co-acquéreur.
Au niveau fiscal, chaque co-emprunteur, également co-acquéreur, peut déduire les intérêts de prêt immobilier dans sa quote-part pour un investissement locatif (si calcul du résultat au réel).
Scénarios de changement de situation
Perte de revenus
En cas de perte de revenus (chômage ou maladie longue durée), le co-emprunteur reste solidairement engagé. Soit l’autre emprunteur parvient à augmenter sa part dans la mensualité, soit il convient de faire jouer les solutions offertes en cas de difficultés :
- modulation ou report d’échéances ;
- garantie perte d’emploi de l’assurance emprunteur (si souscrite) ;
- rachat de crédit pour alléger les mensualités ;
- négociation avec la banque.
Décès d'un co-emprunteur
En cas de décès, l’assurance emprunteur prend en charge le capital restant dû à hauteur de la quotité souscrite par le défunt. Si la quotité était de 100 % sur sa tête, le prêt est intégralement soldé. Si elle était inférieure, le co-emprunteur survivant devra assumer la part restante.
Le choix de la quotité d’assurance est une décision stratégique majeure, à évaluer en fonction des revenus respectifs et de la capacité de remboursement du survivant.
Se désolidariser d'un prêt en cas de séparation ou de divorce
Le divorce ou la séparation ne met pas fin au contrat de prêt ni à la solidarité entre co-emprunteurs. Trois options s’offrent aux ex-conjoints : le remboursement anticipé du prêt immobilier, le rachat de la part dans le bien avec soulte et désolidarisation du prêt.
Vente du bien et remboursement anticipé
Souvent, un divorce entraîne la vente de la résidence principale du couple. Le prêt immobilier est soldé.
Conservation du bien et désolidarisation
L’un des co-emprunteurs peut conserver le bien immobilier et racheter la part éventuelle à son ex-conjoint (rachat de soulte).
Ce dernier demande à la banque d’être dégagé de son obligation de solidarité du prêt immobilier initial. La procédure implique une procédure précise :
- envoi d’une demande de désolidarisation par lettre recommandée avec accusé de réception à la banque ;
- déclaration écrite de l’emprunteur restant confirmant la reprise intégrale du crédit ;
- évaluation de la solvabilité de l’emprunteur restant par la banque ;
- accord ou non de la banque.
L’établissement prêteur pour assortir son accord d’exigence comme une garantie supplémentaire (hypothèque, caution ou nantissement).
Le co-emprunteur qui conserve le bien peut emprunter à nouveau seul pour payer la soulte, s’il remplit les conditions d’octroi d’un prêt. Un rachat de crédits pour obtenir une seule mensualité peut alors être pertinent.
Mis à jour le 17/07/2026 à 15:04